SSSS
Première journée de vacance. L'évènement vraiment marquant est le ratage de l'avion d'Albuquerque, symptomatique de l'état psychologique de l'Amérique. Au départ de Frankfort, l'employée de la Lufthansa a émis pour Gaby des cartes d'embarquement ne comportant pas son prénom mais le charabia RF JVA. À Denver nous n'avions qu'une heure pour changer de vol ce qui aurait dû suffire amplement, d'autant que nous étions passés dans les premiers à l'immigration et que nos bagages étaient en tête (les miracles de la business). Seulement paf il ne nous a pas été possible d'accéder aux contrôles de sécurité avec une telle carte d'embarquement. Il a fallu retourner aux guichets d'enregistrement de Lufthansa et attendre une décision qui a été un estampillage "SSSS" de la nouvelle carte d'embarquement.
Il ne fait pas bon avoir "SSSS" sur sa carte "Selected for Secondary Security Screening" signifie être envoyer dans une file de sécurité renforcée avec passage dans la machine à renifler, fouille manuelle des bagages, et contrôle spectral des graisses de doigt. Un employé, muni d'un manche porteur d'un disque de type démaquillage essui avec la poignée de vos bagages et le place dans une machine qui en fait probablement un spectre infrarouge. L'opération est recommencée sur tous les objets durs trouvés dans les bagages et les résultats sont comparés entre eux. Une véritable débauche de technologie, qui mène au ratage d'un avion. Comme on peut s'en rendre compte sur les forums spécialisés, ne pas avoir de bagage à main rend suspect, puisque cette procédure ne peut pas être appliquée).
Les réactions de Gaby sont intéressantes car elle a des situations de tension une perception personnelle et humaine : elle pense qu'une discussion avec les interlocuteurs suffit à aplanir les difficultés, elle ne perçoit pas que l'Amérique a sombré dans un univers procédurier où les interlocuteurs ne sont que des pions interchangeables qui pourront un jout être remplacés par des robots. Chacun de ces pions, de la chaîne de sécurité par exemple, est responsable d'un point de contrôle particulier et c'est tout. Dans notre cas le grain de sable a été l'employé chargé de lire les cartes d'embarquement et de les comparer aux passeports. S'il y a identité il appose un tampon rouge, sinon un "officer", dont le rôle ne s'exerce que dans cette situation, décide de la suite à donner. C'est ici qu'est l'astuce : il n'y a pas moyen de discuter avec ce pion qui de toute façon ne peut pas s'arrêter ; il ne sert à rien de s'énerver après lui, mieu en le faisant on se déconsidère aux yeux des témoins puisqu'on ne montre pas respect et défférence à un employé qui exerce son activité avec rigueur et sérieux. De même, au guichet Lufthansa l'employé de guichet n'a pas autorité pour résoudre le problème , c'est sa chef qui disparaît dans les coulisses et revient avec une carte SSSS après avoir suivi on ne sait quelle procédure. Il nous a fallu interagir avec 7 pions différents. Il ne sert à rien de discuter avec l'employée d'autre choses que des banalités sur mode badin, de sorte qu'on se fait manipuler pour laisser à la coulisse le temps de prendre une décision.
Une telle méthode oblige à moreceller les chaîne de procédure de façon à n'avoir jamais personne devant soi et ceci contribue au plein-emploi. Bingo !

























