Dimanche 30 décembre 2007
Voici les pensées qui m'ont éloigné du sommeil ce matin.
Il est étonnant que l'univers ne soit pas arbitraire ou qu'il ne nous apparaisse pas comme tel. Les physiciens pensent que les lois de fonctionnement qu'ils ont lentement dégagées par leur travail sont valides en tout lieu et en tout temps, même si une évolution lente des grandes constantes qui permettent de quantifier les lois est admise comme possible.
Si les conditions d'occurrence d'un phénomène sont réunies, on peut être sûr qu'il se produira sans délais de sorte qu'avec le temps tous les états possibles d'un système sont explorés créant sans cesse de nouveaux états qui sont à leur tour explorés. De sorte que si, comme je le pense, la vie est le résultat d'une longue suite de processus physiques inéluctables alors elle est elle-même inéluctable, pourvu que les conditions d'occurrence des phénomènes nécessaires ait été réunis. C'est cette deuxième partie de la phrase qui ne permet pas d'affirmer à coup sûr que la vie est répandue partout dans l'univers, car nous ne savons pas (encore ?) si les conditions d'apparitions du bon environnement sont étroites ou larges. Il se peut après tout que seule notre planète, gravitant autour de notre soleil et avec son histoire géologique ait réuni les conditions nécessaires à la vie.
L'inéluctabilité de la vie dans les bonnes conditions fait l'inéluctabilité de la mort. La vie n'étant qu'un état dynamique parmi d'autres dans le processus généralisé de réalisation de tous les états possibles dans un environnement donné n'est qu'un passage possible pour les états qui la constituent. L'immortalité n'a pas de sens, nous sommes fait des atomes qui ont été produits par la nucléosynthèse dans une, ou peut-être même plusieurs étoiles, mortes depuis longtemps. À toutes les échelles de temps il existe ainsi certainement des contraintes qui limitent la durée de maintiens des bonnes conditions nécessaires à la vie et ces contraintes sont certainement d'autant plus nombreuses que la vie en question est complexe. Mais le nombre de conditions favorables est très certainement lui aussi plus important. Sinon comment comprendre que nous vivions beaucoup plus longtemps qu'une amibe ? Nous ne sommes que l'assemblage dynamique d'atomes en constant renouvellement. À notre mort ce sont des atomes différents de ceux de notre naissance qui se désagrègent !
Même si les échanges interplanétaires de matière sont un fait avéré, il me semblent insuffisants pour assurer le développement d'une théorie panspermique de l'apparition de la vie dans notre environnement. À l'inverse de la situation d'apparition locale la panspermie suppose que les conditions de support de la vie soient très larges.
Ces réflexions que l'on vient de lire sont le résultat du mélange de mes croyances personnelles et des connaissances que je me suis efforcé d'accumuler au cours des six décennies écoulées. J'ai conscience de la part de croyance qui façonne ma pensée, mais je crois aussi qu'il est du devoir de chacun d'accroître le poids des connaissances dans sa pensée. Je crois profondément que beaucoup des malheurs du Monde sont le résultats de l'ignorance. Tout homme libre se doit donc de combattre l'obscurantisme qui s'oppose à la connaissance.
